Ce qu'il se passe à Hong Kong

Mais aussi dans l'UE, en Éthiopie, Thaïlande, Espagne et Australie

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L'info internationale de la semaine

La semaine dernière, la Chine a autorisé le gouvernement de Hong Kong à révoquer tout parlementaire qui "met en danger la sécurité nationale, prône l'indépendance de la Région administrative spéciale ou encourage l'ingérence étrangère". Cette décision a entraîné l'éviction immédiate de quatre députés de l'opposition, provoquant la démission des quinze derniers députés pro-démocratie.

Pour mieux comprendre l'info

L'île de Hong Kong a été cédée au Royaume-Uni par la Chine lors de la première guerre de l'opium en 1840. Les britanniques ont ensuite agrandi l'archipel en 1898 en louant les Nouveaux Territoires à la Chine pour une durée de 99 ans.

Le 1er juillet 1997, les Britanniques rétrocèdent, comme prévu, les Nouveaux Territoires mais également les îles de Hong Kong et de Lantau pour ne pas couper Hong Kong en deux. Plutôt bon esprit les British.

Lors de la signature du contrat de rétrocession entre les deux pays, il est garanti à Hong Kong une autonomie politique et économique, sauf en matière de défense et de politique étrangère. La formule consacrée par le président chinois à l'époque fait son petit effet : un pays, deux systèmes. Mais dès le début des années 2000, la tension monte entre les partisans pro-démocratie, très attentifs au moindre dérapage autoritaire et le régime chinois qui cherche déjà à prendre le contrôle politique sur Hong Kong. À partir des années 2010, les événements s'accélèrent.

En 2014, Pékin projette de choisir directement les candidats à l'élection du chef de l'exécutif de Hong Kong alors que la promesse d'une élection au suffrage universel directe avait été faite en 2007. Cette décision déclenche la révolution des parapluies initiée principalement par les étudiants. Ces événements dureront 4 mois jusqu'à fin 2014 : principalement des manifestations pacifiques massives et des occupations d'espaces publics. Le gouvernement chinois ne fera aucune concession politique et à force de répression policière, le mouvement s'essoufflera.

En 2019, le gouvernement tente de passer une loi autorisant l'extradition de ressortissants de Hong Kong vers la Chine continentale. Plus de 2 millions de manifestants (sur 7 millions d'habitants) se retrouveront dans les rues pour protester contre cette loi, qui sera finalement retirée.

En juin 2020, la Chine revient à la charge et introduit une loi sur la sécurité intérieure, permettant de poursuivre quatre types d'infraction : séparatisme, subversion, terrorisme et collusion avec des forces étrangères. La plupart des pays occidentaux, ont vivement réagi à cette nouvelle loi qui menace, selon eux, les libertés à Hong Kong. Évidemment la Chine n'a pas donné suite.

En novembre 2020, dernier coup de théâtre, la Chine a autorisé l'exécutif de Hong Kong à révoquer tout député « mettant en danger la sécurité nationale, prônant l’indépendance de la région administrative spéciale, ou favorisant une ingérence étrangère ». Comme indiqué en introduction, quatre députés ont été évincés du Parlement, et tout de suite après, les quinze derniers députés pro-démocratie ont démissionné par solidarité.

Pourquoi c'est important

Méthodiquement et patiemment, avec une accélération pendant la crise sanitaire, la Chine a pris le pouvoir à Hong Kong, contrairement à l'accord signé lors de la rétrocession. Les manifestants sont harcelés, les dissidents sont arrêtés et maintenant l'Assemblée est entièrement privée d'opposition démocratique. Plus grand chose ne semble distinguer politiquement Hong Kong de la Chine. Le slogan un pays, deux système aura tenu 23 ans et aucun pays n'est en mesure de s'y opposer réellement.

L'info qui vaut le détour

Initialement, les protestants utilisaient les parapluies pour se protéger des gaz lacrymogènes et aussi pour éviter les canons à eau. Les photos ayant fait le tour du monde le terme Révolution des Parapluies s'est imposé et les organisateurs du mouvement l'ont même adopté en remplacement de 'Hong Kong Democracy Now".


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La crise s'intensifie en Éthiopie entre le gouvernement central et la région du Tigré. L'ONU indique que des milliers de gens fuient la zone chaque jour. Plus de 30 000 personnes auraient déjà traversé la frontière vers le Soudan.

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Bon week-end,