Les caravanes d'Amérique Centrale

et petit tour du monde

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🇭🇳 Le retour des caravanes

Au Guatemala, l’armée a bloqué une caravane de 7 000 migrants qui tentait de passer du Honduras vers les États-Unis. Plus de douze mois se sont écoulés depuis la dernière tentative d’émigration du même type.

Les caravanes de migrants ont été mises sur le devant de la scène en 2017 grâce à une ONG, Pueblo sin Frontera. Ces migrants en provenance du Guatemala, du Salvador et du Honduras cherchent à atteindre les États-Unis en passant par le Mexique à pied, en train ou en bus. Ils fuient la pauvreté mais aussi la violence qui minent les pays du triangle nord d’Amérique Centrale (Honduras, Guatemala et Salvador). Le Honduras se positionne en 27e position des pays les plus pauvres avec un taux de pauvreté à plus de 60% en 2017. Avec ses gangs ultra-présents et sa position stratégique pour le trafic de drogue, cette région est aussi l’une des plus violentes au monde.

Depuis quelques années, les migrants au départ du Salvador ou du Honduras s’organisent en "caravane" de plusieurs milliers de personnes. Le premier objectif de cette organisation c’est d’assurer leur sécurité. En groupe de plusieurs milliers, ils sont moins facilement la proie des trafiquants sur un trajet ultra-dangereux. Le deuxième objectif est de faire pression et d’attirer l’attention sur leur sort grâce à un effet de masse.

Lors de la deuxième caravane officielle, en 2018, Donald Trump avait posté 5 200 soldats à la frontière pour empêcher plus de 15 000 migrants de passer la frontière. On estime qu’en 2018 plus d’une vingtaine de caravanes d’ampleurs (plus de 1 000 personnes) se sont déplacées depuis l’Amérique Centrale vers les États-Unis.

Ces flux mettent sous tension toute la région. Les pays de passage (Guatemala, Mexique) sont forcés d’arrêter les caravanes à leurs frontières, les migrants restant parqués dans des stades ou dans des camps insalubres. Dès 2018, le maire de Tijuana, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, parlait d’une crise humanitaire sans précédent dans sa ville.

🌎 In other news

Un scandale vient de pousser à la démission le gouvernement néerlandais mené par Mark Rutte. L’administration a accusé à tort des milliers de familles néerlandaises (principalement binationales) d’avoir fraudé le système d’allocations de garde d’enfants entre 2013 et 2019. Des familles, souvent d’origines étrangères, ont dû rembourser parfois des dizaines de milliers d’euros.

Lors de son dernier jour, l’administration Trump a déclaré que ce que le gouvernement chinois faisait à la population ouïghoure représentait un génocide et un crime contre l’humanité. En représailles, la Chine a interdit de séjour plusieurs personnalités de l’administration dont le secrétaire d’Etat Mike Pompeo. Son successeur auprès de Joe Biden, Antony Blinken s’est dit en accord avec les propos de Mike Pompeo. Relire le Briefing.

En Italie, le parlement a voté la confiance au Premier ministre Giuseppe Conte malgré le départ du parti Italia Viva de sa coalition gouvernementale. Le Premier ministre gouvernera désormais sans majorité parlementaire.

L’opposant Russe Alexeï Navalny a été arrêté à son retour en Russie. Il était soigné en Allemagne à la suite de son empoisonnement au Novitchok. Des milliers de personnes ont manifesté ce week-end dans les rues de Moscou à sa demande. Son équipe a également publié une vidéo accusant Vladimir Poutine de s’être fait construire un palais d’une valeur de plus d’un milliard d’euros. Relire le Briefing.

En Allemagne, Armin Laschet, qui dirige la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, vient d’être élu à la tête de la CDU. Il devient donc le favori pour succéder à Angela Merkel au poste de Chancelier lors des prochaines élections en 2021.

En Ouganda, le président Yoweri Museveni a été réélu. Il dirige le pays depuis 1986. L’opposant principal et chanteur, Bobi Wine, est assigné à résidence.

10 ans après la chute du régime de Ben Ali, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes tunisiennes la semaine dernière. La jeunesse semble exaspérée par le manque de perspectives économiques et par une classe politique qu’elle juge incompétente.

Bon lundi soir à tous et désolé pour le retard ;)

JB